Entretien avec Juliette Méadel et Gaëtan Gorce

Envoyer Imprimer PDF

Entretien avec Libération

Pourquoi cette candidature à deux?

Gaëtan Gorce. C'est dans la continuité de nos engagements pour plus d’ouverture, de démocratisation et de nouveauté au sein du Parti socialiste. Dans la continuité du succès de la primaire, nous voulons faire passer le PS à une nouvelle époque. Que notre formation garde cette longueur d’avance.

Juliette Méadel. Nous voulons sortir ce parti de la personnalisation de la vie politique. C’est une démarche innovante, qui oblige le PS à se rassembler autrement qu’autour de chefs de bandes dans la gestion de leurs courants. Il faut changer le mode de fonctionnement rouillé de ce parti.

Mais la «co-direction» n’est même pas prévue dans les statuts!

G.G. Peu importe! Ce qui compte, avec cette idée de tandem, c’est de faire comprendre que le PS doit être dirigé différemment. Il ne faut plus être à la recherche du grand leader charismatique mais d’animateurs ouverts sur la société.

Quel message comptez-vous porter au prochain congrès?

J.M. Tout d’abord celui de l’exemplarité. Le PS doit être plus transparent dans ses modes de désignations, dans ses votes, dans ses procédures de contrôle. Nous devons aussi pousser à la mise en place d’un statut de l'élu et du non-cumul des mandats. Nous voulons une République exemplaire? Le PS doit l'être aussi. Ensuite, nous devons nous ouvrir davantage à la société civile: que ce soit du côté des associations ou des entreprises. Enfin, nous demandons plus de collégialité et de parité.

G.G. Le parti doit anticiper les grands débats du quinquennat. Par exemple sur l’Europe. Nous ne l’avons pas mené en raison du blocage dû au référendum de 2005. Que voulons-nous faire? Quelle est la place de la France? Autre exemple: la réforme de l’Etat. Quel projet portons-nous? Nous devons trouver la bonne formule pour que le parti ne soit ni une courroie de transmission, ni une opposition au gouvernement mais qu’il participe à la vie politique.

Vous déposez aujourd’hui une contribution mais allez-vous présenter en septembre une motion et ne pas participer au rassemblement proposé par Martine Aubry et Jean-Marc Ayrault?

J.M. Nous n'écartons rien.

G.G. Le rassemblement, oui. Mais autour d’une méthode transparente et axée sur la rénovation du parti. Par exemple, 800000 personnes nous ont laissé leurs contacts durant la primaire. Il faut très vite les recontacter pour leur proposer quelque chose! Ils pourraient avoir un droit d’expression et de vote sur les grandes thématiques sur lesquelles nous allons avoir à trancher. Sur le nucléaire par exemple. Nous pouvons aussi reprendre cette idée de Daniel Cohn-Bendit de coopérative en transformant les sections PS en ateliers de débats.

Est-ce à dire que si Aubry et Ayrault reprennent vos idées dans leur motion, vous vous rangerez derrière eux?

J.M. On veut faire avancer les choses. Si la motion Aubry-Ayrault dit «on reprend tout»: très bien! Car si le PS ne change pas, on ne sera pas capable d’entendre les messages envoyés par la société civile pour accompagner les réformes du gouvernement. Le PS doit être un lieu d'échange, de critique constructive. Pour aider François Hollande à redresser le pays, il faut un lien politique, pas un parti godillot.

You are here La Motions 2 Les textes Entretien avec Juliette Méadel et Gaëtan Gorce